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#Qonspiration

D’où vient le mot « complotiste » ?

Mémo de la CIA sur l’assassinat de JFK – traduit en français

CIA 1035-960

DÉPÊCHE

À : Chefs, certaines stations et bases

DE : Chef, [texte caviardé]

SUJET : Contrer les critiques sur le Rapport de la Commission Warren

ACTION REQUISE – RÉFÉRENCES

.PSYCH [NdT : opération psychologique]

  1. Notre préoccupation. Depuis le jour où le Président Kennedy a été assassiné, il y a eu des spéculations sur qui était responsable de son meurtre. Bien que celles-ci aient été écartées un moment par le rapport de la Commission Warren (lequel fut rendu public à la fin de septembre 1964), différents auteurs ont maintenant eu le temps de parcourir le rapport et les documents publiés par la Commission, ce qui leur a fourni un prétexte pour le mettre en doute, et il s’en est suivi une nouvelle vague de livres et d’articles critiquant les conclusions de la Commission. Dans la plupart des cas, les critiques ont spéculé sur l’existence d’une sorte de complot, et ont souvent suggéré que la Commission elle-même était impliquée. Probablement suite aux contestations grandissantes envers le rapport de la Commission Warren, un sondage d’opinion publique a récemment montré que 46 % du public américain ne pensaient pas qu’Oswald ait agi seul, tandis que la moitié de ceux interrogés pensaient que la Commission avait laissé des questions non résolues. Apparemment, des sondages faits à l’étranger auraient montré des résultats similaires, voire plus antagonistes.
  2. Ce courant d’opinion est un sujet de préoccupation pour le gouvernement U.S., ce qui inclut notre organisation. Les membres de la Commission Warren ont naturellement été choisis pour leur intégrité, leur expérience et leur renommée. Tous représentaient les deux partis politiques majeurs, et tous, ainsi que les membres de leur personnel, ont délibérément été choisis dans tous les coins du pays. Ne serait-ce qu’à cause de la position sociale des commissaires [NdT : membres de la Commission], les efforts de contester leur droiture et leur sagesse tend à jeter le doute sur tous les dirigeants de la société américaine. De plus, il semble y avoir une tendance croissante à suggérer que le Président Johnson lui-même, en tant que l’une des personnes qui en aurait bénéficié, serait l’un des responsables de cet assassinat. Des insinuations d’une telle gravité affectent non seulement la personne concernée, mais aussi l’entière réputation du gouvernement américain. Notre organisation elle-même est directement impliquée : entre autres actions, nous avons fourni des informations pour l’enquête. Les théories du complot ont fréquemment éveillé des soupçons sur notre organisation, par exemple en prétendant à tort que Lee Harvey Oswald travaillait pour nous. Le but de cette dépêche est de fournir des données pour contrer et discréditer les affirmations des complotistes, de façon à empêcher la circulations de telles affirmations dans d’autres pays. Des informations complémentaires sont fournies dans une section secrète et un certain nombre de pièces jointes non confidentielles.
  3. Action. Nous ne conseillons pas de démarrer les discussions sur l’assassinat là où elles n’ont pas déjà été engagées. Cependant, là où les discussions sont déjà en cours, les destinataires [de ce mémo] sont requis :

P–8593

RÉFÉRENCE CROISÉE À

9 pièces jointes h/w

SYMBOLE DE DÉPÊCHE ET NUMÉRO

ED 5847

DATE

4/1/67 24 JANV 1967

1 – SECRET

8 – Non confidentiel

CLASSIFIER MAINTENANT

SECRET

Numéro de dossier HQS

DÉTRUIRE APRÊS USAGE

Cette information, selon laquelle le mot « complotiste » [conspiracy theorist] a été inventé par la CIA, est confirmée par l’ex-agent de la CIA Kevin Shipp dans le documentaire TIRÉ DES TÉNÈBRES – Partie II, à – 13:58 :

« … le fait d’étiqueter les gens complotistes fut inventé par la CIA pour détourner l’attention de l’assassinat de JFK. Ils inventèrent ce mot comme moyen d’empêcher tout examen ou discréditer toute remise en question de ce qu’ils faisaient. Donc ils ont mis en route toute cette histoire. »

Si vous consultez le dictionnaire aux mots “conspiration” et “complot”, vous constaterez qu’en politique, il y a toujours eu des conspirations ou des complots.

CONSPIRATION : nom féminin  1. Accord secret entre deux ou plusieurs personnes en vue de renverser le pouvoir établi. Fomenter une conspiration. Tremper dans une conspiration. La conspiration de Cinna contre Auguste. L’âme, le chef d’une conspiration. 2.  Entente dirigée contre qqn ou qqch. Toi aussi ? c’est une vraie conspiration. Conspiration du silence : entente pour taire, cacher qqch. Étymologie latine conspiratio.

COMPLOT : nom masculin 1.  Projet concerté secrètement contre la vie, la sûreté de qqn, contre une institution. Faire, former, ourdir, tramer un complot. Tremper dans un complot. (Spécialement) Complot contre la sûreté de l’État : projet séditieux contre la sûreté intérieure. 2. Manœuvres secrètes concertées. (Pour nuire à qqn, qqch.). Il a besoin « que son complot me soit toujours caché » (Rousseau).

Définitions du Petit Robert


Parcourez la liste des scandales portant le suffixe “gate”, comme le Watergate ou l’Irangate, vous verrez que de nombreux scandales étaient des ententes secrètes entre des personnages influents et fortunés, ce qui n’en faisait pas des complots au sens 1, mais au sens 2 (manœuvres secrètes concertées) et des “conspirations” au sens 2 (entente dirigée contre quelqu’un ou quelque chose).

Historiquement, le Massacre de la Saint-Barthélemy, en 1572, était un complot et une conspiration qui fit des milliers de victimes en la bonne ville de Paris. Des chroniqueurs de l’époque ont raconté que la Seine devint rouge du sang des cadavres jetés dans la Seine.

Le génocide des Tutsis au Rwanda, de mai à juin 1994, était un complot et une conspiration.

La solution finale des nazis pour se débarrasser de millions de Juifs en faisant main basse sur leurs biens était une conspiration (sens 1 et 2), mais aussi un complot (sens 1 et 2). Tandis que leurs coreligionnaires se faisaient exterminer dans les camps, la majorité des Juifs refusaient de croire les rumeurs des lanceurs d’alerte de l’époque. Ceux qui n’étaient pas juifs n’y croyaient pas plus. Si ces mots avaient existé alors, la plupart des gens auraient qualifié ces lanceurs d’alerte de “complotistes” ou “conspirationnistes”.

La prochaine fois que vous entendrez quelqu’un tourner en dérision votre “théorie de la conspiration” ou vous traiter de “complotiste”, parce que vous attribuez des évènements politiques à des ententes secrètes entre gens influents et fortunés, sachant que le Groupe Bilderberg, le Council of Foreign Relations, la Commission Trilatérale et, d’une manière plus générale, tous les lobbies, sont des complots (sens 2) et des conspirations (sens 2), réalisez que vous avez affaire à une personne inculte, ignorante de l’Histoire et qui emploie des mots dont elle ne comprend pas le sens.

À propos de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy

Stephen King a écrit un roman sur ce sujet : 22/11/63, date de l’assassinat de JFK.

Ce livre raconte le voyage dans le temps du héros jusqu’en 1958, trois ans avant la mort tragique du 35e président des États-Unis.

C’est une aventure pleine de suspens, bien documentée, où l’intrigue nous fait plonger au cœur des années 60.

Dans la postface, King se livre à une analyse des évènements historiques, un survol bâclé en huit pages, avec une conclusion péremptoire.

Dans le débat qui oppose « complotistes » et partisans de la version officielle, Stephen King est catégorique :

« Mailer a aussi écrit un bouquin remarquable [Oswald, un mystère américain, par Norman Mailer]. Il dit qu’il a démarré son projet (qui comprend des entretiens approfondis avec des Russes qui ont connu Lee et Marina à Minsk) avec la conviction qu’Oswald était victime d’un complot, mais qu’au bout du compte, il a fini par se rallier – à contrecœur – aux conclusions pataudes de cette brave Commission Warren, à savoir : Oswald, tireur solitaire. Il est extrêmement difficile pour quelqu’un de raisonnable de croire le contraire. Rappelez-vous le rasoir d’Ockham : l’explication la plus simple est généralement la bonne. »

Et concernant le témoignage de Marina Oswald, la femme de Lee Harvey Oswald, le romancier affirme :

« J’attribue personnellement peu de foi à ses dires… »

King n’accorde pas plus de crédit à l’ultime déclaration d’Oswald :

« Je suis un bouc émissaire. »

Pourtant, rejeter le point de vue d’Oswald et de sa femme est contraire au rasoir d’Ockham, puisque l’explication la plus simple serait d’accorder foi aux affirmations des deux témoins clefs de l’affaire.

De plus, le rasoir d’Ockham n’est pas une science et n’a pas sa place dans un affaire criminelle qui a nécessité deux commissions gouvernementales et suscité tant d’ouvrages et controverses.

Comme en témoignent de célèbres enquêtes, notamment l’Affaire Grégory, un crime commis avec préméditation est forcément complexe si le vrai coupable refuse de passer aux aveux.

Oswald est suspect, mais qu’il ait été assassiné par Jack Ruby 48 heures après le drame, avant d’avoir pu être interrogé, est encore plus suspect.

Ce meurtrier de Lee Harvey Oswald était un mafioso qui donna deux mobiles différents pour son crime, sans compter les nombreuses incohérences de ses témoignages.

Jusqu’à aujourd’hui, de nombreuses questions demeurent sans réponse sur cette affaire, malgré deux commissions gouvernementales mandatées pour « tirer les choses au clair » : Commisssion Warren et le House of Representatives Select Committee on Assassinations [Comité des représentants de la Chambre pour les assassinats].

On peut voir, sur Internet, ce rasoir d’Ockham invoqué comme outil de réflexion dès qu’il faut choisir entre la pensée unique et un point de vue auquel n’adhère pas la majorité.

D’une part, cette théorie de Guillaume d’Ockham ne dit pas qu’on doit rejeter toute explication non conformiste, mais qu’il faut éviter de faire appel à des faits superflus non nécessaires.

Or, savoir quelles données sont nécessaires dans une enquête est loin d’être simple.

Dans une société où la politique est un méli-mélo de contradictions et mensonges (comme le meurtre de Kennedy), privilégier les explications simples comme étant forcément les bonnes reflète certainement une « simplicité » d’esprit, mais pas dans le bon sens du terme.

Après tout, limiter l’observation à un minimum de faits et de données, n’est-ce pas ce que font les œillères ?

Les personnes intelligentes constituent une minorité et la majorité des gens est plutôt stupide (voir Idiocratie) ; ceux qui utilisent le mot « complotiste » comme argument ne font que révéler leur appartenance à la deuxième catégorie.

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